Une journée au Pays Cajun …

Quand nos clients-voyageurs racontent leurs aventures en pays Cajun… entre humour et émerveillement.

« Ce mardi matin nous quittons NOLA et prenons plein Ouest pour LAFAYETTE capitale de « l’état Cajun », petite enclave Acadienne au coeur de la Louisiane.

Nous abandonnons très vite l’I310, chopons une route de campagne pour Vacherie et sa « collection » de plantations antebellum. Arrêt à « Oak Alley », splendide demeure qui respire l’opulence pendant plus de 3 siècles grâce à la canne à sucre, illustrent parfaitement l’histoire de la Louisiane et des créoles.

Nous continuons plein Sud-Ouest par les petits chemins de traverse proposés dans notre RoadBook Paradou Travel, sillonnant le PAYS CAJUN où déjà de nombreuses personnes nous accueillent en « français cajun »: sorte de patois rural, mâtiné de vieux François où on rrrroule les « R » en contractant les phrases saupoudrées de mots anglais, le tout servi avec un accent cadien qui rappelle le « québécois »!!! Evidemment dès qu’ils comprennent que nous sommes français, ils entament la converse pour nous montrer qu’ils n’ont pas oubliés leur langue d’origine.

A Thibodaux, visite obligatoire du Centre Culturel acadien :

Découverte émouvante de l’histoire des Acadiens (ou Cadiens, Cajun) ce peuple qui vivait prospère au XVIè siècle dans ce qui deviendra la Nuova Scotia puis le New Brunswick au Canada. Les acadiens sont les descendants de colons français venus s’établir en Amérique du Nord à partir de 1604. Ils étaient principalement originaires du centre-ouest de la France (Poitou et Vendée). Ils se sont installés dans le territoire antérieurement nommé « Acadie ».

Ils deviennent des habitants relativement prospères malgré le fait qu’ils habitent une colonie politiquement instable. En effet, l’Acadie est l’objet de batailles incessantes entre les Français et les Britanniques qui veulent de part et d’autre contrôler ce territoire stratégiquement situé entre la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France.

Hélas, en 1713, la France perd définitivement l’Acadie donnée à l’Angleterre par le Traité d’Utrecht. Les Acadiens continuent cependant de l’habiter jusqu’en 1755, puis sont brutalement déportés et éparpillés dans les colonies britanniques du sud qui correspondent aujourd’hui à l’est des États-Unis. Cette période, le « Grand Dérangement », sera au final un quasi-génocide, forçant les acadiens à prêter allégeance, volant les terres, entassant les gens dans des mouroirs flottants, séparant les familles, éparpillant des générations…

Les Britanniques mettent le feu aux bâtiments et aux champs acadiens pour éviter qu’ils ne puissent se ré-établir au même endroit. De plus, les familles sont séparées, ce qui détruit la base de la société acadienne. Entre le tiers et la moitié des déportés meurent ; les tempêtes en mer, le manque de nourriture et d’eau ainsi que les mauvaises conditions d’hygiène sur les bateaux en sont la principale cause. Les Acadiens déportés dans les Treize colonies doivent en plus faire face à l’hostilité de la population locale, qui n’est pas préparée à leur arrivée.

Une diaspora de fait s’établit, et certaines familles arrivent en Louisiane, soit directement, soit après la grande migration de l’Ile Saint Jean, via la France. Bien intégrés sur ces territoires à cultiver, ils apprennent des indiens, des créoles et reconstituent en semblant de vie communautaire.

Des années plus tard, le pouvoir américain anglophone luttera contre l’usage de la langue française, et tentera de déraciner la culture créole et cadienne. Ce n’est que dans les années 1970 que la culture cadienne commencera a reprendre ses droits.

Sacrée leçon d’histoire plutôt oubliée…

Nous sortons « pile poil » à l’heure de déguster de la crevette grillée…Ca tombe bien, à Thibodeaux il y a « Bubba 2 » où nous nous gavons de « prawns en beignet » et de filets de « cat fish ».

Pendant notre visite du centre culturel le temps s’est méchamment couvert et manifestement en reprenant Nord Ouest nous n’allons pas vers le beau temps…

Nous traversons rapidement Lafourche, St Charles, Jeannerette, St Martinville: bled surtout connu pour être le lieu de la romance d’Evangeline, « l’héroïne cajun ».

Histoire inspirée de la vie d’Emmeline LABICHE et de Louis ARCENEAUX, deux réfugiés d’Acadie qui se retrouvèrent ici après une longue séparation.

Hélas après une trop longue attente, ARCENEAUX s’était remarié et leur ultime rencontre eut lieu sous un chêne: « l’Evangeline oak ».